Combien de temps se conserve l’eau en bouteille plastique ?

On accumule des packs d’eau au garage, on oublie une bouteille entamée sur le bureau, on retrouve une vieille bouteille au fond du placard. La question revient toujours : peut-on encore la boire ? La réponse dépend d’un critère simple : la bouteille est-elle fermée ou ouverte. Entre DLUO théorique et réalité du plastique, voici ce qu’il faut retenir.

Bouteille fermée : jusqu’à 2-3 ans, mais avec des nuances

La DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale) indiquée sur les bouteilles d’eau minérale tourne généralement autour de deux à trois ans. Cette date n’a rien d’une limite de sécurité sanitaire stricte. L’eau ne pourrit pas. Elle ne développe pas de bactéries dans un contenant hermétique. La DLUO concerne surtout la qualité gustative et la stabilité minérale de l’eau.

Le vrai problème avec le temps, c’est le plastique. Les bouteilles sont fabriquées en PET (polyéthylène téréphtalate), un matériau considéré comme sûr par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Mais le PET se dégrade lentement. Avec le temps, des particules de plastique peuvent migrer dans l’eau. On parle d’antimoine (un métal utilisé dans la fabrication), de microplastiques, voire de nanoparticules.

En conditions normales de stockage (température stable, à l’abri de la lumière), ces migrations restent largement en dessous des seuils sanitaires. Une étude de 2023 publiée dans PNAS a toutefois montré que l’eau en bouteille pouvait contenir jusqu’à 240 000 fragments de microplastiques par litre. La plupart proviennent du contenant lui-même.

Concrètement, dépasser la DLUO de plusieurs mois, voire un an, ne pose pas de risque sanitaire immédiat si la bouteille est restée fermée et bien stockée. Le seul inconvénient réel : un goût de plastique qui peut apparaître. Si ce goût est présent, mieux vaut jeter la bouteille.

Bouteille ouverte : 24 à 48 heures maximum

Dès qu’on ouvre une bouteille, tout change. L’air entre, les bactéries aussi. L’eau n’est plus protégée. Elle devient un terrain propice au développement de micro-organismes.

À température ambiante, une bouteille ouverte ne se garde que 24 à 48 heures. Au-delà, le risque de prolifération bactérienne augmente. Si vous avez bu directement au goulot, réduisez ce délai à 24 heures maximum. La salive introduit des bactéries qui se multiplient rapidement.

Au réfrigérateur, bien refermée, une bouteille ouverte peut tenir 3 à 5 jours. Le froid ralentit la croissance des bactéries et des moisissures. Mais ça ne les stoppe pas complètement. Passé ce délai, l’eau peut développer un goût bizarre, une odeur suspecte, voire des dépôts.

La Fédération des entreprises de l’eau embouteillée (Maison de l’eau minérale) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) recommandent ces délais. C’est du bon sens appliqué à la microbiologie.

Les conditions de stockage qui changent tout

Une bouteille d’eau en plastique n’aime ni la chaleur, ni la lumière, ni les variations de température.

La chaleur accélère la dégradation du plastique. Une bouteille laissée dans une voiture en été, exposée à 40-50 °C, libère davantage de composés chimiques dans l’eau. L’antimoine, par exemple, migre plus vite à haute température. Le goût de plastique devient perceptible plus rapidement.

La lumière directe du soleil dégrade également le PET. Elle favorise la formation de microplastiques et altère le goût de l’eau. Stockez vos bouteilles dans un endroit frais, sec, à l’abri de la lumière naturelle. Un garage tempéré, un cellier, un placard fermé font l’affaire.

Évitez de placer vos packs d’eau près d’une source de chaleur (radiateur, chaudière) ou sous une fenêtre. Les variations de température fragilisent le plastique et peuvent même déformer les bouteilles.

Une fois ouverte, refermez toujours la bouteille hermétiquement. Le bouchon limite l’entrée de bactéries et de poussières. Au frigo, placez la bouteille à la verticale, bien fermée, de préférence dans la porte ou sur une étagère basse.

Ce qu’il faut vraiment craindre (ou pas)

Les risques liés à l’eau en bouteille plastique ne se valent pas tous. Il faut hiérarchiser.

Les microplastiques sont présents, c’est confirmé par plusieurs études. Mais leur impact sanitaire réel reste débattu. Les quantités détectées dans l’eau en bouteille sont faibles. L’Organisation mondiale de la santé considère que les données actuelles ne permettent pas de conclure à un danger avéré pour la santé. Le risque existe peut-être à long terme, mais il n’est pas prouvé.

La migration chimique (antimoine, phtalates) est réelle, surtout avec la chaleur. Mais en conditions normales, les teneurs restent très inférieures aux limites fixées par l’OMS (20 µg/L pour l’antimoine). Ce n’est pas anodin, mais ce n’est pas non plus une urgence sanitaire.

Les bactéries, en revanche, sont un vrai risque après ouverture. Une bouteille ouverte depuis plusieurs jours, laissée à température ambiante, peut contenir des germes capables de provoquer des troubles digestifs (nausées, diarrhée). C’est le risque le plus concret et le plus immédiat.

En clair : ne paniquez pas pour une bouteille fermée qui a dépassé sa DLUO de six mois. Mais jetez une bouteille ouverte depuis une semaine qui traînait sur votre bureau.

Les signes qu’une bouteille n’est plus bonne

Quelques indices simples permettent de savoir si une bouteille doit partir à la poubelle.

Le goût. Si l’eau a un goût de plastique prononcé, de chlore, ou un goût métallique, ne la buvez pas. Le goût de plastique signale une migration chimique. Le goût métallique peut indiquer une contamination par des métaux lourds ou des bactéries.

L’odeur. Une odeur de moisi, de rance, ou simplement une odeur suspecte indique une contamination microbiologique. L’eau doit être inodore.

L’aspect. Si l’eau est trouble, si vous voyez des particules en suspension, des dépôts au fond, ou pire, des algues ou des moisissures à la surface, jetez tout. Une eau saine est transparente et limpide.

La bouteille elle-même. Si le plastique est déformé, craquelé, ou si la bouteille a été exposée à des conditions extrêmes (gel, chaleur intense), mieux vaut ne pas prendre de risque. Le plastique abîmé libère davantage de composés dans l’eau.

En cas de doute, jetez. L’eau ne coûte pas assez cher pour prendre un risque inutile.

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koessler.buisness@gmail.com
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