Le thé ne se périme pas au sens sanitaire du terme, mais il perd progressivement ses arômes. La plupart des thés se conservent entre 18 mois et 3 ans, certains beaucoup moins, d’autres indéfiniment. Le vrac dure plus longtemps que le sachet, et tout dépend du degré d’oxydation du thé et de vos conditions de stockage.
Durée de conservation selon le type de thé
Plus un thé est oxydé ou fermenté, mieux il résiste au temps. Les thés légers et peu transformés s’éteignent vite. Les thés sombres tiennent la distance.
Thé vert, thé jaune et oolongs peu oxydés
Ces thés restent frais 6 à 12 mois maximum. Peu oxydés, ils gardent une couleur vive et des arômes délicats qui s’altèrent rapidement. Passé ce délai, les feuilles perdent leur éclat, le goût devient plat.
Les thés verts primeurs japonais ou chinois de printemps ne tiennent que quelques mois après récolte. Ce sont des produits de saison, à consommer vite.
Thé noir, thé blanc, oolongs oxydés
Durée de vie : 18 mois à 3 ans. L’oxydation avancée stabilise les feuilles, les arômes résistent mieux. Un thé noir bien conservé reste correct deux ans après achat, même s’il perd un peu d’intensité.
Le thé blanc, malgré sa légèreté apparente, vieillit bien grâce à un processus de transformation minimal mais efficace. Certains amateurs le font même vieillir volontairement, comme un pu-erh.
Thé matcha
Le matcha est une exception fragile : 3 mois après ouverture, pas plus. Cette poudre fine de thé vert s’oxyde à une vitesse folle. Elle perd sa couleur vert éclatant, développe de l’amertume, ses nutriments se dégradent. Si vous ouvrez un pot de matcha, finissez-le dans le trimestre.
Thés fermentés et torréfiés
Aucune limite pour les pu-erh, les oolongs très oxydés, les thés torréfiés comme le hojicha. Ils se bonifient avec le temps, comme un vin de garde. Le pu-erh peut vieillir des décennies dans de bonnes conditions et gagner en complexité.
Ces thés demandent un stockage spécifique : un contenant qui respire (jarre en terre cuite, papier kraft), dans un lieu aéré, sec, sans odeurs parasites.
Tableau récapitulatif
| Type de thé | Durée de conservation |
|---|---|
| Thé vert, thé jaune, oolongs peu oxydés | 6 à 12 mois |
| Thés verts primeurs | Quelques mois |
| Thé matcha | 3 mois après ouverture |
| Thé noir, thé blanc, oolongs oxydés | 18 mois à 3 ans |
| Thés parfumés | 6 mois à 1 an |
| Pu-erh, thés torréfiés, oolongs très oxydés | Sans limite (se bonifient) |
Sachet ou vrac : quelle différence de conservation ?
Le vrac se conserve mieux
Les feuilles entières du vrac vieillissent plus lentement que les brisures des sachets. Surface d’oxydation réduite, arômes mieux protégés, qualité de départ supérieure. Un bon thé en vrac stocké correctement respecte les durées du tableau ci-dessus.
Le sachet vieillit plus vite
Les sachets contiennent des brisures de feuilles, parfois de la poussière de thé. Cette fragmentation multiplie les surfaces exposées à l’air, accélère l’oxydation. Un sachet perd ses arômes 30 à 50% plus vite qu’un vrac équivalent.
Beaucoup de sachets industriels partent avec un handicap : qualité médiocre dès l’origine, matière première bas de gamme masquée par des arômes artificiels ou des fruits secs. Les fabricants affichent parfois des durées de 3 ans, mais le goût n’était déjà pas terrible au jour zéro.
Concrètement : un thé vert en vrac reste correct 12 mois, le même en sachet perd son intérêt après 6 à 8 mois.
Comment savoir si votre thé est encore bon ?
Le thé périmé ne vous rendra pas malade. Vous risquez juste une infusion décevante. Quelques signes pour repérer un thé fatigué :
Les feuilles ont perdu leur couleur d’origine, elles virent au brun terne ou au gris. Les arômes sont absents quand vous ouvrez la boîte, ou très faibles. L’infusion donne un liquide plat, sans relief, parfois avec une amertume désagréable qui n’existait pas avant. Les feuilles s’émiettent en poussière au toucher, signe de dessèchement avancé.
Si vous hésitez, infusez une tasse. Votre palais vous dira tout. Un thé qui a dépassé sa date optimale reste consommable, mais ne mérite plus votre attention.
Les conditions qui prolongent la durée de vie
Les quatre ennemis du thé
L’air oxyde les feuilles en continu, les arômes s’évaporent. La lumière décolore et dessèche, même à travers un emballage translucide. La chaleur accélère tous les processus de dégradation, transforme les feuilles en paille. L’humidité provoque des moisissures, rend le thé impropre à la consommation.
Ajoutez à ça les odeurs fortes : le thé absorbe tout ce qui l’entoure. Un pot de thé rangé près du café ou des épices finira par sentir le café ou le cumin.
Le bon contenant
Le vrac exige une boîte hermétique et opaque. Les meilleures sont en métal avec double couvercle, ou en céramique avec joint étanche. Les pots en argile fonctionnent pour les pu-erh et oolongs très oxydés qui doivent respirer.
Oubliez le verre transparent, même dans un placard fermé. La moindre ouverture de porte laisse passer de la lumière.
Pour les sachets, sortez-les de leur boîte carton d’origine. Transférez-les dans une boîte hermétique. Si vos sachets sont emballés individuellement dans des pochettes étanches, vous êtes déjà bien protégé, mais une boîte supplémentaire ne fait pas de mal.
Adaptez la taille du contenant à votre stock. Un pot à moitié vide contient trop d’air. Mieux vaut plusieurs petites boîtes remplies qu’une grande à moitié pleine.
Le bon emplacement
Un placard sec, frais, à l’abri de la lumière. Pas dans la cuisine si possible, trop d’humidité, trop de chaleur, trop d’odeurs. Certainement pas près du four, de la cafetière, du tiroir à épices.
Pour les thés très fragiles (vert, blanc, matcha), le réfrigérateur peut servir en cas de forte chaleur. Attention à la condensation : sortez le thé du frigo, laissez-le revenir à température ambiante avant d’ouvrir le contenant. Sinon, l’humidité se dépose sur les feuilles et les abîme.
Une fois le sachet ou la boîte ouverts, refermez immédiatement après chaque usage. Chassez l’air des sachets zip avant de les refermer. Chaque seconde d’exposition compte.
